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HALÉVY LE PASSAGE VÉNUS LEÇON D'ASTRONOMIE EN UN ACTE ^ Prix t 3 francs PARIS CALMANN LÉVY, ÉDITEUR 3, KUa AUBEH, 3 L);.i....jbï Google Dgitiz^dbv Google PASSAGE DE VENUS LEÇON D'ASTRONOHIE •1, uc la iUUm it.Vtiaiitt, Dgitiz^dbv Google DES MÊMES AUTSUKS B-BLBUi, opéra-bouKe en Iroia acte» Sa iLLE HÉLÈMB, opéra-bouffs en trois actes. ... 2 ■ lULB, comédie en quatre actes 2 > luauBT, comédie en un acte 1 GO iRBBia DB PANUROB, cofflédîe en un acte ... 1 SI lÉaiLiEN, comédie eu un acte ISS BRIGANDS, opéra-bouffe en trois actes 2 » ;kh, opéra-comique en quatre actes 1 > HATBAu & TOTO, opéra-boulTe en trois actes . . 2 • .Ë DB uBTBLLA, comédic eu uu acte 1 50 iTA, opéra-bouffe eu IruUactea 2 » i DB LA SAiNT-UARTiN, comédic en uc acte . . 1 SO lY LBAR, comédie eu cinq actes 2 > FROU, comédie en cinq actes 2 ■ E1ANDE-DUCHBB3E DB OÉROLSTEIN, OpÈra-bO iffe a trois actes S ■ lÉNUB, comédie en un acte 1 SD lUE ATTEND uoNsiBUR, comédie en un acto . . 190 i-car£ub, rolie en un acte 150 ÉRicacLB, opéra-bouffe en deux actes S ■ BTITB iiARQuisB, comédîe sn trois actes. ... 2 • aoTooRAPBB, comédie euunacte i > svEiLLON, comédie eu trois actes 2 a 01 cANDAULB, couiédie cu uu Bcte in SONNETTES, comédie eu un acte 1 r i CHBE TjiTA, comédie en un acte i S) RAiN DB MINUIT, comédie en deux actes. ... 1 50 ocBB BT CACOLET, Taudeville en cinq actes. . . 2 » BUVB, comédie en trois actes 2 b iB PARiBiENMB, opéra-bouffe eu cinq actes ... 2 * Dgitiz^dbv Google LE PASSAGE DE VÉNUS LEÇON D'ASTRONOMIE EN UN ACTE IIENRY^ILHAG & LUDOVIC HALÉVY PARIS CALMANN LÉVY, ÉDITEUR 3, HDB AUBBn, 3 1898 Drolli de reproducllon, de Ictdiictloii el d« npréienUlioii ri Dgitiz^dbv Google PERSONNAGES LABORDERIE UH. Drpni CHAMPVALLON Biioir UN GARÇON DE BUREAU Djlto: DN COMMISSIONNAIRE Gb«iii UN AMERICAIN, BOans Coste. UN JEUNE AMÉRICAIN, 15 BD9. . . . Momi TROIS PETITES AMÉRICAINES, 13 an», S tins et S. ans Dgitiz^dbv Google M3F3 Igî8 PASSAGE DE VÉNUS Lalbiitn npriuDla n» uUe da i mi pan t gtache, fies an pt dlai, lue feaStre poqTint > C> priticable «KDp* à dndu la L premier plvj, en haut d«l ^- > Fbalra nna chilH. Sur !• cïlln SCÈNE PREMIÈRE LABORDEHIË, UN GARÇON DE BUREAU, fmi. UN AMERICAIN» Sa Fiuillb. LdBidHie k Ut* duiHi muina... atlitadad'un bamma d«ieap«r«. — la tant LABORDKRIK *. Une heure vingt, et mon conrs d'astronomie transcendante était annoncé pour une heure précise... ces gradins... ces M736570 L);.i....jbï Google 2 LE PASSAGE DE VENUS gradius qai sont vides... il j a vingt minutes qu'ils devraient £trc cDvaLis par une toulc empressée et studieuse... Hé I quui?.. j'ai cm qu'on entrait... Qu'est-ce qu'ils font, je vous le demanda, au lieu de venir?.. Avant-liier, au moins, j'en ai eu quatre... hier, j'en ai eu deux — aujoard'Itui, je n'en ai pas du tout... C'est vexant... (nDgtrdui h oiantni.] Une heure TÎngl-trois! iHtpersosne ne vientipersonne !... personne !... (Il prenJ iio il»r« M [n|>pe •ioleinnirol lur la cluiri, le guton da b-irua ta ré- nlUa. Labcrilerie lui monln 1* ulla tiil*. — Le gu^fm w iiUtt. bit fiielqnei pu ; ui»rderie ourman enin lu dimu ;) personne ! personne !. ,. personne !... Le gar^tcn Tt en fûad de le KËaa* LE GAnÇOn, reguiloDl per le port». Monsieur, monsieur ! L&BOROEBIB. Qu'est-ce qu'il y a ? LB GARÇON. Je crois qu'en voil& an, monsieur. LABORDBBIE. Bien vrai I LB GARÇON. Oui, monsieur, il est là, il approche, il va entrer. LABOHDEBIB. Il entre î LE GABÇOH. Non, il s'arrête.,, il hésite... LABOBDERIB. Oh I mou Dieu ! LB GARÇON. II lit l'affiche de monsieur. LABORDBBIB. Faculté libre, cours d'astronomie transcendante. Monsieur Dgitiz^dbv Google SCÈNE PREMIERE 3 Laborderie, professeur libre, parlera du passage de Vénus... Eh bleu: il a lu? LO GnaçoH. Oui, moDsieur... mais il faut croire que l'aHiche de mon- sieur ne lui a pas fait bon eifet, car il s'en va... LABOnUERlG. Il s'en va? LE GASCON. Faut-il courir après? LABOEDEniE, u leiont. Non I ça ne serait pas digne. (iiES8niii.i » omiire.) Une heure ïiûgt-sept... Le goût des fortes études est perdu en France^ perdu, perdu, absolument perdu! LE GARÇON. A la place de monsieur, je ferais des concessions. ' Quelles concessions? LE GADÇON. Je renoncerais à l'astronomie transcendante... Et puisque le public aime les choses amusantes... eh bien, je lui en don- nerais des choser «musaatesl DnORDERIE. Il me semble que le passage de Vénus... LE GARÇOn. Le passage de Vénus... oui, au premier abord... ça a Vait assez... 11 est clair que ce sujet-lit dans les mains d'un ma- lin... mais je suis sûr que vous, moasieur, vous trouverez moyen de fourrer là- dedans un tas de matli^matiques. LABORDERIE. Il est évident que pour déduire la parallaxe du soleil... LB GARÇON. La para... Dgitiz^dbv Google 4 LE PASSAGE DE VÉNUS LABORDEHIB. La paraHaie... de mpx à cùté et al^^im» changer. Et n'oublions pu défaire observer qu'il j a plusieurs sortes du parallaxes : la parallaie de bauleur n'est pas la même cliu^c que la parallaxe boritontale, et la parallaie horizontule elle-même ne doit pas être confondue... LE GARÇON, arae u: il«Jiia tiiprime. Ah! monsieur, pas à moi. LABOIIOEEIIB, deteeudut *t puiiul '. Le goût des fortes études est perdu en France, perdu. . . perdu... complètement perdu!.,. LB GARÇDN. Moi, à la place de monsieur, j'essaierais d'être badin, et puisque en saqaaiitë de professeurlibre, monsieur a le druit de parler de tout ce qui lui plaît... je parlerais... LABOnOEBIB. De quoi ? LE GABÇOH. Est-ce que jesais?... je ferais comme votre confrère de la salle numéro 6. En voilà un qui a du monde à son cours... il parle de l'amour... il parle des femmes... LABOBDERIE. Des femmes I LE GABÇOH. Et allez donc I LABORDEBIB. Parler des femmes, moi! LE GABÇON. Eb! oui, j'en parlerais... je raconterais des histoires... Si vons n'en savez pas, je puis vous en dire une... je puis tous dire l'histoire de ma femme, à moi... * La ffir^D, Labonlfria. Dgitiz^dbv Google SCÈNE PREMIÈRE LABOBUERIK. Voas Stes marié 7 LADOltDERlE. Vous ne meTaviez jamais dit... LE GHBÇON. Il a'y avait pas de quoi se Tanter... J'ai élé marie pCQ- dant cinq jours... avec Virginie. Elle s'appelait Virginie et elle était jolie... Ah! des cheveux surtout, les plus adorables cheTeuï noirs... Le cinquième jour de notre mariage, Vir- ginie se fit attendre; nous devions dtner à six heures et à huit heures et demie elle n'était pas encore rentrée... Enfin, il onze heures trois quarts... le lendemain... je la vis revenir... Je crus avoir le droit de lui demander d'où elle venait... Ella uie répondit que j'étais hien curieux. lAïORDEniE. Le mot n'est pas d'elle... LE GIRÇON. Là -dessus, moi, jeluiadministraiune volée, obimaisaue volée... (uborderis lui leirs la main.] et je U Qanquaï à la porte, en lui défendant de porter désormais le nom de Riflard... qui est le mien... Je dois ajouter qu'elle j consentit facilo- LABORDERIB. IB UIHÇOH. Je l'ai rencontrée deux ou trois fois... et dans des toi- lettes... Elle s'est sauvée dès qu'elle m'a apergu... et elle a bienfait, car si je l'avais attrapée... Voilà mou histoire... je vous autorise à la raconter... LABORDERIB. Je TOUS remercie ; mais si je voulais parler des femmes, je Dgitiz^dbv Google LE PASSAGE DE VENUS besoin d'avoir ncours... je me contenterais ds persoDnels... LE GAnçOH. Allons donc. LABORDERIE. Car il m'est arrivé une chose, à moi, avec les feromos... il m'est arriva une chose... oh ! mais là, une chose... LH GAKÇON. Quoi donc, monsieur? Racontez-moi ça. LABORDERIE, pusul '. Certainement non, je ne vous raconterai pas ça... Voilà une idée, par exemple !... Pourquoi voulez- vous que je voua raconte ? LE GARÇON. C'était un moyen comme un autre de passer le temps,.. Hais puisque monsieur ne me croit pas digne... Eotra une funllle Bmèritaioe, d'ibard aù9 loiiLa psLiLs fille, pul« nue tnlr* paLi» fille plut gr«DiJ» qiiv le preoUâra, pnït ddb ireUiâms pliii grende LE GARÇOH. Monsieur I lADORDERIE, Qu'est-ce qu'il y a ? LE GjIRÇOH. Monsieur, qu'est-ce que c'est que ça? LABOHDBRIE, moatiat dii» •> rlialn. Laissez-les entrer ; ne leur faites pas peur,. . laissez-le» en- Dgitiz^dbv Google SCÈNE PREHIËRB Luborderio paratt iomst fbncB; îeipelltflB fi[l« # IB GABÇON, «Honl A îa jBTls. Je parie qu'ils vont à la salle Dnm^ro 6. Voulez-vous tenir le pari, monsieur?... je parie qu'ils vont à U salle nn- méro 6... Qu'est-ce que je tous disais?,., ils yyont. LABORDERIE. Eh bÎL'al qu'ils y aillent!... Le goût des fortes études est perdu en France... absolument perdu 1 (RegirJaut u montra.) Deux heures moins un quart. LE GARÇON, tonjonn 1 11 porta. Pour le coup, monsieni', en voilà un. LABORDERIE, Incrédulsa Ohl ohl LE G;lRÇON. Hais si, monsieDr, mais si... L&BOBDERIE. Je ne vous crois plus. LE GARÇOX. Parole d'honneur, il n'hËsite pas ci!liii-là... Il vient tout droit, tout droit... et le voilù. Dgitiz^dbv Google • LE PASSAGE DE VÉNUS SCÈNE II Les Mîmes, CEIA.MPVALLON. CBAUPVALLON *. On m'a assuré qu'ici je serais tranquille... qae personne ne me dérangerait... LB GinÇO», iiippliml. Asseyez -TOUS ! CHAttFVilLLOn. Où ça? LE GAEÇOH. Oïl TOUS voudrez. CHAHPTàLLON, l'uHjul iiir [e preniitr gndls an ecda. LE GARÇON, l>Ubarderi>. Monsieur le professeur n'a plus besoin de moit. LABOBDFBIE, BÉmni. Non, non... plus besoia du tout... Alleï-voDS-ea! allez- Tous^nl Iil gBrqon mat pu 1* Ibod. SCÈNE III LABORDERIE, CHAHPVALLON-. LAB0BDER1E, K pr«psre,ruse ib> papisn, uni», boit, psit somme net : Messieurs,., Dgitiz^dbv Google SCËNE TROISIÈME g CBAUPVALLON, pnniat dtni «■ porufanUie aae (eniUa da papier *t an J'ai àa papier, j'ai uae plume... C'est de l'encre quo jo LABORDERIE. Messieurs, vou 3 savez tous... HAMFTALLON, •aiHDl preùdra da l'aocr. JoTOUB demande pardon... n prend des noies, c'estnn élève sérieuï. [h>iii,) Vous savez tous ce que c'est que Vénus... Vous riez, messieurs... vous avez tort. .. Le mot Vénus est pris ici dans son acception parement scientitique. — Vous savez tous ce que c'est que Vénus, mais peut-être quelques-uns d'entre vous igaorent-ils de quels pUéQomènes sont ordinairement accompagnés les voyages de cette capricieuse planète. CIIAUPVÂLLON, pranaut ooe leunda fois de l'ancra. Je vous demande pardon. Jamais je n'ai vu prendre des notes avec autant d'ardeur. (Haut,) Il 7 a deux façons d'observer le passage de Vèuus. — Ou bien l'observateur est placé à la surface de la terre... C'est la première façon. — Ou bien l'observateur est placé, non plus à la surface, mais au centre mSme de la terre. — Cette seconde métbodc,bien que présentant au. premier abord de sérieuses diflicultés, nous parait iuliniment préférable à la précédente... CHAHPTALLOH, pnmint de rtners pour Istrolilima Ida. Je TOUS demande pardon. LABORDERIE. Vous feriez mieux de prendre l'eut .ùcr. Dgitiz^dbv Google 10 LE PASSAGE DE VÉ>U3 CUAHPVALLOn. Jg n'osais pas vous le demander. LABOBDBHIB. Vous aviez tort, pronei-le, je vous eaprio. CHAUFATLLON. LADORDEIIIB. Prenez aassi ce livre, fa vous sera plus commode pour écrire. CHAHPTALLOIf. On u'est pas plus aimable. LABORDERIB, * pirl. Il preud des notes même quand je se dis rien... c'est prodigieux, (atot.) Avant de commencer notre démonstra- lioo, messieurs, je dois vous prévenir que pour ne pas nous embarrasser de diflIcHités inutiles, nous négligerons certai- nes quantités sans importance... Ainsi, par exemple, nous ne tiendrons pas compte de l'aplatissement de la terre.., PeiidBDl lu phrase ijol fri'Me, OiampTalli» ( (lil du ligou d'ImptUmi* CHAMPVALLOIT. Allonsl bien... allons! boni LABORDERII!. Qu'est-ce que VOUS avez? CHAHPVALLON. Voilà que je viens d'écrire... aplatissement... C'est votre faute... j'ai écrit aplatissement... LABORDERIE. L'aplatissement de la terre... c'est ce que j'ai dit. CHAHPVALLON. Mois ce n'est pas ce que je voulais mettre... (Umt es rj-.'ii Dgitiz^dbv Google SCÈNE TROISIEME il vitnt d'tciire.) ■ J'espère que maintenant tous ne refuserez pas de croire à mon aplatissement. • C'est amour que je voulais mettre... « J'espèrs que maiotenant vons ne refuserez pas do croire à mon amour n à la bonne heure. (ErriTiui.) a J'espâre que maintenant vous ne refuserez pas de croire... LÂBORDEItlE, deHauUDl. A son amour... (stu|i^it.) Ah ça I mais qu'est-ce qu'il écrit donc? Qu'est-ce que vous écrivez? CHAMPVALLON, wkiiil kid pipler BI monteil ni» nuiïhe. Je TOUS demande pardon. LA BORDER [E, 1« potirininii]) inr 1e> grodiu. Mais cependant, monsieur, il me semble qu'en ma qualité de professeur, j'ai bien le droit... CHlHFYALLOn, lllast ia perdier twil tu hant àm gridini. Je vuus demande pardon, tous n'avez pas du tout io ''roit de voir... LABORDERIE, le ponniilraDt. Ce ne sont donc pas des notes 7 CHAUFVALl-OH. Non, c'est une lettre. LABORDEBIE. Par exemple! vous venez ici pour... CQAHPVALLON. Tout à l'heure je me suis présenté chez elle... ma.s sa mère a'refnsé de me recevoir... Alors, j'écris à sa mère pour essayer de la fléchir. (Monirui u kii«.) C'est ma vie qui est là-dedans, monsieur... c'est ma vie tout entière. LABORDEBIE, ndemoduil )»'iisqn»neDl el Tenuit »ir le derinl de !• ectne. Ainsi, je serai monté dans ma chaire à une heure précise pour commencer mon cours d'astronomie transcendante, , j'aurai passé une demi-heure à attendre des élèves... & la Dgitiz^dbv Google 12 LE PASSAGE DE VËNL'S fin, il CD sera venu UD, un seul, (CbimpnlUn dcuend, LtUorijurls gigpa J> liiDiic de II ictua *.) et cct élève unique ne scrii renu chez moi que pour y faire sa correspondance galante 1 1 1 CHiMFTALLON. Maintenant, je vous demanderai une enveloppe. LABOBDEBIE, brisni. Une enveloppe, à présent, une enveloppe It CBAHPTALLON. Ne TOUS dérangez pas, j'en ai tu sur votre bureau, là... Je vous en prends une... vous permettez? LABORDBBIB. Cela TOUS sofQt-il?... Vous ne voulez pas un timbre? CHAMPYALLOM. Je n'en, ai pas besoin, (il «crii l'uir»» mr l'cnrekippe.) Je vais donner ma lettre à un commiasiionnaire. 11 tùl m pu panp lartlt. LABORDEHie. Comment, vous parlez? CBAIlFfALLON. Oui, mais avant de partir, je tiens à vous remercier. — Il est impossible de mettre plus de bonne grâce, plus de... je ne voua en dis pas davantage, parce que je suis un peu pressé. C'est ma vie qui est là-dedans... c'est ma vie tout entière. LABORDERIE, cîMjanl Jfl Ifl roleoir. Mouùeur, vous ne partirez pas... CHAMPVALLON. Je VOUS demande pardou. LABOSDERIR. Non, monsieur, non... vous ne partirez pos. ChvnpTaUoD, Laborderie. Dgitiz^dbv Google SCÈNE QU\TtlIËME CHAH PV ALLO». Je TOUS demande pardon. Apte* nue petite pnursai14, Cbampïtilloa finit par iiA LABORDEItlE, «mi. Il est parti. foeiceD^ut.) Décidément mon gai'çoii de burean avait ralsoa. Si je Teui attirer la foule, je serai obligé de faire des concessions... Pailer de l'amour... parler des femmes... cane me serait pas difficile, si je Toiilats... Ohl non, ça ne me serait pas difficile... je raconterais tout uni- mentmon aventure ..C'iHaitlc3oir..,jesuisle seul peut-être a qui une pareille aventure soit arrivée... C'était donc le soir, j'allais à la réception du miaistre... ce n'est pas que je sois un de ces intrigants qui passent leur vie dans les minis- tères pour attraper de L'avancement... Certainement non, je ne suis pas. . . Mais, n'est-ce pa^i, an ministre vous invite, il faut bien être poli?., ce n'est pas une raison, parce qu'un homme est ministre... J'allais donc à la réception de Son Ezcellence...je m'aperçus que je n'avais pas de gants, j'entrai dans une boutique pour en acheter, dans une boutique du passage de. ..je n'ai pas besoin de vous dire le nom du pas- sage... Dans cette boutique, il j avait une marchande... jolie... ah! jolie !... des cheveux surtout, les plus adorables cheveux blonds... Je lui dis : Mademoiselle, je voudrais des gants, des gants blancs pour aller en soirée chez le ministre... ce D'est pas que je sois un de ces intrigants. .. D'abord elle ne me répondit rien et se contenta de me regarder en sou- riant, puis elle se leva, souriant toujours, et elle alla prendre un petit carton. Oe ce petit carton elle tira plusieurs paires de gants. Elle en choisit une et me pria de tendre la main et Dgitiz^dbv Google 14 LE PASSAGE DE VENUS d'ouvrir les doisls--. Je me aealis ému... cependant je Qs ce qu'elle désirait, je tendis la main et j'ouvris tes doigls... Elle me regarda encore une fois... en dessous comme ça... N'avois-je pas raison de toui dire que j'Étais probablement le seul à qui nne pareille arentnre... Elle me regarda eocore une fois, et tout d'an coQp sa main saisit la mieane... En ce moment, onze heures sonnaient h. l'borloge du passage... ca fut le dernier bruit que j'entendis... un nuage passa devant mes ycui, il me sembla qu'autour de moi tout se mettait à danser. . . Quand je revins à moi, il était trop lard pour aller chez le ministre... La jolie marchande ne souriait plus, elle Était triste... je lui demandai le motif de sa tmt«9se. Elle me répondit qu'elle se trouvait trop petitement logée... Il y avait de l'autre c&té du passage une grande boutique qui était à louer... Elle me lit promettre de la louer pourelle, ie le lui promis; elle me lit jurer de revenir lavoir je lendemain ; je le lui jurai... Cependant je n'en fis rien, ni le lendemain m les jours suivants... L'idée m'est quelque- fois venue qu'elle devait m'en vouloir à cause de cela... SCÈNE V LABORDERIE, CHAMPVALLOK. CnAUPVALLON, «Diut du îaai t ginidiil *. Je vous demande pardon. LABOHDEDtl!. Comment, c'est encore vous? CHAUFVALLON. Je ne comptais pas revenir... mais je vais voua dira... a LAfiOBDERlE. Il pleut beaucoup? * CluDipTilIiw, LibiTduig. Dgitiz^dbv Google SCÈNE CINQUIËUE IS CHAUPViLLOH. Oui. Alors, comiTif! j'attends uaeréponse, je voua deman- deral la permission de l'attendre ici, .. ça mesera plus com- mode que de l'attendre dans la rue. labordehie. EttTérit^, monsieur... OHAMPTALLOU. N'ayez pas peur, je ne vous dcraugcrai pas poiiduHt longtemps; mon commissionnaire c'est pas allé bien loin... il est allé en face. . . Elle demeure en face, de l'autre côté du boulevard Saint-Michel... et je suis sflr qu'en ouvrant cette fenàtre... n monte (iHit en liaDl d*i gndiat al ûona Li renClm. LABORDERIE. Eh bien! eh bien I 11 escilsde \ei graJlu t la tua» de Cbampiilkm. CnAWPVALLON. Je la Tob, monsieur, je la vois ; elle a soulevé son rideait et elle regarde tomber la pluie. ..Ah! elle m'a aperçu. (Crii».) Oui, oui... c'estmoi, je suis lii... Ta mère me croit coupable... mais je viens de lui écrire, à ta mère... et je lui ai prouvé mon innocence... mon innocence... Elle ne m'entend pas... LABOBDEDIE. Mais tout le monde vous entend, ça va faire un scandale... on Ta s'ameuter sous la fenôlre. Lnharderifl ItA uïiLt la jembe pour ]« tiire dogeenàro. CHAUPVÀLLON. Laissez-moi. LABORDEBIB, le leuat lanjoaM. Non, je ne vous laisserai pas... Je vous ordonne, mon- sieur... vous entendez, je vous ordonne de descendre. Dgitiz^dbv Google 10 LE PASSAGE DE VÉNUS CHAHPVALLON. L'histoire de noi amuiin est tuuchante, et je suis sûr qua vuDs seriez éma li je vous la racontais, LABORDBfllE. Je ne sob pas ici poor écouler des histoires d'amour. Descendez. L )• fût dunsilra d'oas murli*. CnAUFTALLOX. J'étais allé au nouvel Opéra... J'avais ua billet d'aulcur, un de ces billets avec lesquels on a le droit de se promener partout... dans les couloirs, dans le^ cscaliei-s... partout enfin, excepté dans la salle. LABORDBRll, eui^mnl loiijnun de le Taira dwindra. Allons, voyons, monsieur, je vous en prie. CUiMPVALLON. Je me promenais depuis deux heures, quand j'entendis des TOti de femmes qui criaient au secours... je m'élançai et Je finis par arriver dans une sorte de caveau orné de tombeaux: égyptiens. J'y trouvai deux femmes affolées d'épouvante... C'était elle, monsieur, c'était elle et sa mère. Elles aussi étaient entrées avec des billets d'auteur, elles aussi s'étaient promenées, et cette promenade les avait conduites dans ce SOUterraiQ. (Lolioidena le lall descendra d'une mnn.Le.) ElleS 06 Sa- vaient plus comment en sorlir ; je leur proposai de les con- duire, et, au bout d'une demi-bcure, guidés par les sons d'une musique lointaine, nous reparûmes tous les trois ^ la lumière, (LsbKdarie te Ciil descendre da qualm mareliei.j C'cSt de CCltO façon que commença notre romao. LABOHDEniE. Je VOUS répète que je ne suis pas ici pour écouter des bls- loires d'amour... j'y suis pour vous faire mon cours d'astro- nomie transcendante et pour vous parler du passage do Vénus. Dgitiz^dbv Google ECË»E CINQUIËUE 17 CB1.HPVALL0H, » lorout. Le passage de Vénus! LABORDERIE. Vous ne savez pas ce que c'est? Asseyez-vous là et tenez- vous tranquille, vous allez le savoir, (ii le bna t l'uieoir tur duirs et l'iDiiiUe dsT4Bi la ubi»a.) Soit A, M, N, B, le cerclo tracù aur ce tableau... Ce cercle représente le disque du soleil. CHAMPVALLOH. En Ëtes-vous bien sûr? LABORDERIE. Je vous en donae ma parole. A, B est le diamètre .de ce disque placé dans le plan de l'ècliptique ; M, N, est la ligne suivie par Vénus... La voilà, Véniis. t U. croliéa d'en but, CHAMPVALLON. Et ce commissionnaire qui ne revient pas. I.ABOHDEniE. Je vous avais prié de vous tenir tranquille. CaAUPVALLOH. Je ne peux pas. LABORDEnlE. Pourquoi ça? CFAUPVALLOM. Parce que je bous, parce que j'écume, parce que j'éclat«, parce qu'il me sera impossible de rester en place tant que celle réponse ne sera pas arrivée... Vous n'avez donc jamais aimé, vous? n prend LiIiarJerl6 pu le tru al I* bl[ deiecndre bniqneinenL d* Dgitiz^dbv Google i« LE PASSAGE DE VENUS LADORDERII!. Si fait, une fols... C'était le soir, j'allais k la riception du ministre... cnAUPviLLon. Nous allions nous marier, monsieur. . . la jeune litle m'a- dorait, la mère ne pouvait se passer de moi, loul élait con- venu, nous allions nous marier... Eh bien, savez-Tous ce qu'on a imaginé pour empêcher ce mariage I LABOnDEBlE, ava,' lala». Ecoatez-moi, monsieur, je ne crois pas qu'il eiiste une façon de parler plus absurde que celle qui consiste à de- mander aux gens s'ils savent une chose que bien évidem- ment ib ne peuvent pas savoir... Je ne connais pas la per- sonne que TOUS allez épouser, je ne vous connais pas, c'est la première fois que j'entends parler de votre mariage et voDS venez me demander si je sais ce qu'on a imaginé pour rempi'cher?... Non, monsieur, je ne sais pas ce qu'on a ima- giné, je ne le sais pas et je ne pcui pas le savoir... CHAJIPVALLOS. On a envoyé une lettre anonyme b. ma future belle-mère... ot savcz-vous ce qu'il j avait dans cette lettre anonyme? lauouderie, tpiti. Si c'est comme ça qu'il prolite... (Hmi.) Non, je ne le sais pas, je ne le sais pas et je ne peui pas le savoir. Il pa™ •. CnAMPÏiLLON. Eh bien, je vaie vous le dire. lABononniii, Je n'y tiens pas... CnAMPVALLOï. Mais moi, j'y tiens... ça me fait do bien de m'épaîi.her, ça me calme, ça me soulage... Dgitiz^dbv Google SCËNE CINQUIÈUE !'• LADORDBRIB. Si c'est pour des raisons de santé... CHAMPTALLON. On racontait dans cette lettre que j'avais une maltresse et l'on donnait des détails... LABOBDEItlE. Je parie qu'il va me demander si je sais quels détails... CHÀMPViLLON. Oui, monsieur, l'on donnait des détails. Et savez-vous... LABORDERIE. hit... ïoyez-vous... CHAUPYALLOK. On disait que cette maîtresse s'appelait Mirai Casse-cou... qu'elle était fleuriste daus une pellte boutique, et que j'a- vais promis de lui en louer une... plus grande... beaucoup plus grande... LADORDERIB. CHAUPTALLOa. Vous dites ? LABOHnKRlE. Seulement, moi ce n'est pas dans les fleurs, c'est d?n9 parfumerie... Continuez... continuez. CHAUPTALLON. On allait jusqu'à tracer son portrait, à la fleuriste... qu'elle avait le teint mat, les yeui noirs et très-vifs, l'o- l'uille petite, les dents snperhes, le plus joli nez retroussé et les cheveux surtout... les plus adorables cheveux rouges. LABOBDEHIE, Ohl CnAllPVALI.OI[. uni. Dgitiz^dbv Google jr LE PASSAGE DE VÉSUS LABOBDERIE. C'est vrai pourtant qu'il ûoit par m'intêresscr. CHAHFTALLON. On ajoutait qu'elle savait que j'allai!i me marier... qu'elle était décidée àempécher ce mariage, et que, si l'on ne se dé- pêchait pas d'j renoncer, il y aurait du ciiambardemcnt dans la cambuse... Voilà ce que disait la lettre anonyme... Eb bien! savez-Tous ce qu'elle a fait ma belle-mère, aprâs avoir reçu cette lettre? LABOSDERIE, ane Mt. Pour cela, oui, je le sais ! ... je le sais, parce que vons mo l'aTêz dit... Elle vous a flanqué à laportel CHAUPTILLON. Sans vonloir m'écouter, monsieur, sans me laisser lo temps de protester, de me défendre... C'est alors que je aiii'; LABORDERIE. Et qaevous m'avez emprunté mon encrier?... CRAMPVALLOH. nfallaitbiea écrire, puisqu'on ne voulait pas m'entcniiro.. . il fallait bien prouver que j'étais innocent... LABORDERIE, t pan. Ce qui m'aie plus frappé là-dedans, c'est le jiortrait do la fleuriste... le teint mat, tes yeux noirs, le nez retroussé. Entra le eoin;iilisiooiialn. SCÈNE VI Les Hémbs, UN COUMISSlONNAIftE. LE COHHISSIOniTAIRB, tenanlncalelUe'. Selle numéro 3... c'est bien l Dgitiz^dbv Google SCË^E SIXIÈME SI CHAHPTALLOH, ireum lu Ittln. C'est ma réponse... oui, c'est bien l'écriture de ma btllc- mêre... pardonneï-moi... l'anïiété l'émotion. . . qu'est-cu qu'il peut y avoir li-dedans ? Ah ! LABOBDERIE. Le cours de chimie esl à cAlé, voulez-voas que j'envoie chercher quelque chose... quelque chose de fort? CHÀIIPTALLOH, H ndnnul btwi»iuBI. Je vous remercie, (il oott* uiau», lit u nuMib* dut lubruds i^ Wdaiie.) Ah I LABORDBRIB. Encore ! CUAMPVALLOIf. Celte fois-ci, c'est la joie. ' LABOBDEHin. Voalez-Tous que j'enToie chercher î... CHAHPV ALLOV, ■« rtJreuut. Je TOUS ai dit que je vous remerciais I Elle me croit, mon- sieur, elle ne doute plus de mon innocence... Voilii ce que m'écrit ma belle-mére, et elle a permis à sa iille d'ajouter une ligne.* Ou vous aime et l'on vous attend, n (Embruiut u lettn.) Elle m'attend, (u Im embriHer u iBlIn 1 Uboi^arii.) Elle m'attend, et je ne cours pas. . . et je ne suis pas encore à sns pieds... (u l'élinu, onrn l> porte el reclent.] Je TOUS demande pardon, (il ('«Ihh» dut li eb^H «t pragd le firapinie d« Libordarla). 11 pleut toujours. — Je prends votre parapluie. LABORDEBIE. Hais, monsieur... CHAUFTALLON. Je vous le renverrai pas le concierge. Dgitiz^dbv Google LE PASSAGE DE VÉKUS LABORDERIE, LE COMMISSIONNAIRE. LABORDERIE, coniut * U porl* '. Hab moDsieiir, mais monsieur... {neTeout.} Est-ce qu'il ne m'aurait raconté celte longue histoire qne pour en arriver à me chiper mon parapluie ?... (Ab eammiiûMui» qO iefmt ■« ■atri* l'iir (bniu.) Qu'est-ce que vous faites là, mon amil LE COUUISSIONNAIRE. Dame, bourgeois... LABOaDBRie. Eh biea ] LE COMUISSIOn.fAlRE. Je sais bien que la courte n'a pas été longue, mais enQn c'est une course, et une course, c'est vingt sous. LABOnDEHlE. Allons, boni II va encore falloir que ce soit moi... (S'irr«iaoi trappe il'uga hUe et regudiul J« eomuiuiaiinii[e.] Eh bien I OUi, VOUS aurez vos vingt sous, mais d'abord asseyez-vous là. LB COimiSSIONHAIRE, ■'inej'uit nr ki piwniba minh*. Que je m'asseye? LABORDEaiE. Oui, asseyez-vous, fii moDie dui » ciialro.) Messieurs, c'est à tort que l'on a reproché à la science de n'âtre faiteque pour ua petit nombre de gens. Elle sait, quand il le faut, se met- tre à la portée des esprits les plus humbles. I.B COmiISSlONHAIBB. S'il vous plaît? Ulorderia. Dgitiz^dbv Google SCËNE NBUVIËMB 23 ladouderie, âi« boatt. Vous allez me comprendre. —Soit A, M, N, B, le cercle re- présenlant le disque dit sokil; soit A, B, le diamètre de ce disque, soit M, N, la ligne suivie parV6aus. Lafoilà, Vénus, je la prends là t... • LB COHtUSSIONHAIRE, le lamt. Ah : bien non, parexemple... j'aime encore mieux perdre mes vingt sous. llHrtpDT Isfooit, SCÈNE VIII L A B R D E R 1 E, deKendoDl de H obiln. Qu'est-ce qu'il a ditt... Pauvre astronomie transcendante!.. . personne n'en veut décidément I ni les hommes! ni les femmesl nilos... commissionnaires! SCÈNE IX LÂBORDERIE, CHAMPVALLON. CHAUFVALLON, «atrut ptr [a Coud*. ijdkhez-mai, L&BOBDBRIE, raprBHnt kid f tnpIuK. Je TOUS remercie... Je n'étais pas inquiet, mais ça ne fait rien... je TOUS remercie de me l'avoir rapporté... CHAUPVALLOH. Je SUIS perdu, monsieur... LABORDEIIIE, laut en •rrugaanl wm puapluia. Qu'est-ce qui vous arriTO encore 7 Dgitiz^dbv Google 21 LS PASSAGE DE VENUS CUAHFTALLOH. Elle est la... . lABORDEtllB. Qui ça, elle? CHAMPVALLOH. JUimiCaxw-coD. .. U fleurUle... à qui j'avais promis... elle est là... daas une voiture... Elle est venue se planter jiiMe en face delà maison où demi-are ma fiancée..* Impossi)>le d'entrer chez ma fiancée sans ijue Mimi Casse-cou m'apci- Coive, et si elle m'aperçoit... LIBOBDERIE. 19 chez madame votre belle- CBAUPTALLON. Juste. LlBOnDERIE. Et c'est alors qu'il y aura du chambarde... comment dites TOUS cela? CH4HPTALL0K. Du chambardement dans la cambuse... LABORDBRIE, Tt powla partplnje à guu^. Merci. CBAHPVALLON. Uq^ a que vonsqui puissiez me tirerde là... Vons allei aller trouver Himi Casse-cou. lABOaDBHlt. Moi? CUAKPVALLOIT. Vous Êtes un bomme respectable, elle vous écoutera; vous lui direz,., LABORDERIE. Uimi Casse-cou.,, c'est la petite qui a le teint mat? Dgitiz^dbv Google SCÈNE NEUVIÈHB 23 CBAHFVALLON. Oui. LABORDIKIE. L'oreille petite, les dents superbes ?... CHAurTAlLON. Oai. LABORDERIE. Le nez retroussé ? CBAMPrALLOS. Oui. LABORDEHIB. Et les cheveux surtout, les plus adorables che\eui ronges?... CHAUPVALLON. Oui. Vous allez aller la trouver. LABOUDiaiB, nnosMal. J'7 vab. CUAHPTALLON. Attendez donc ! LABORDERIE. Pourquoi attendre ? CHAHPVALLOH. Je ne tous ai pas dit ce qu'il fallait lui dire... LABORDERIE. Ça me viendra... CHAHPTALLOir. Comment voulez-vous? LABORDERIE. Ça me viendra, n'ayez pas peur... Ça me viendra, quand je serai près d'elle ! Dqitiz^dbv Google LL PASSAGE DE V&MUS CHAMPVALLON, » Il va faire quelque bêtise, c'est impossilile aatrement, il va faire quelque bêtise. (Baguiiut pu ii féneim.) Ali ! le voilà... il traverse le boulevard... il arrive à la voiture dans laquelle est H imi Casse-cou... Oui...oui... c'est bien celle-là... Ilparieà Uimi Casse-cou... Ah ! mon Dieu! il porte la main à sa joue, comme s'il venait d'y éprouver une commotion violente... il prend la fuite... il revient... il aura fait quelque bêtise... j'en étais sur... il uira fait quelque balise. CHAMPVALLON, LABORDERIE. LABORDERIB, «atnnt par In Ibiid, loii iDoudiotr lur Ja jwit*. Ah! mon ami... CHAHFV&LLOH, ■»> aor II deni«» iiur;lia. Elle vous a flanqué une gifle, LABORDERIB. C'est elle, mou ami... c'est elle. CBAKFVALLOH. Qui ça, elle? LABOBDEBIE. La marchande de gants... celle à qui j'avais promis... la boutique d'en tace. CHAUPVALLOR. Je ne comprends pas. ' Liliorrlerla, Champialloii. Dgitiz^dbv Google SCÈNE ONZIÈME 27 L&BOUDBRIE. Je n'ai pas le temps de Yoa» expliquer. . . Voyez d'abord ce qu'elle fait? CHlHPrAI.I.ON, rïgardut. Ah! mon Dieu!... elles quitté la porte de ma belle-mère... Elle est veoue s'établir devant notre porte à nous. Nous sommes bloqués. CBAH7T4LtO)l, regdrdiol loujau™. Abl mon Dieu! lABORDEBin. Qu'est-ce qu'il y a encore? CHtMPTALLON, Elle descend de voilure... elle vient ici... LABOnUEHIE. Ici, dans ce sanctuaire... is» jeiioi >nr ti [.one.) Je sais bien que c'est une faculté libre, mais ce n'est pas une raison. (Oa poKisB Ib fDru.{ La voilà I elle puussc la porte. (cbampyiiLni cfutuDeno A ûeiteaàn ; on pousK i> port».) Eh là \ eh là I... Celle jeune per- sonne est vraiment d'une vigueur surprenante, (od ptusa u porte.) Venez vile.mon ami, venez vite... Tout seul, je ne peux pas, elle va entrer. 1) ne manquerait plus que ça. (il s'iIoih cmirB lu pgcu ; on i> pnniw.] Sapristi I qu'elle est forte ! Là, maintenant que nous avons un moment de tranquillité, (Oo i-mis» is parla.) je peuï VOUS cipliquer... Votre flenrisle et ma marchande de gants... C'était la même personne. D.itiz^dbv Google 28 LE PASSAGE DE VÉNUS LABOBOERIR. Oui. CUAHFVALLON. Etelle me jurait qu'elle n'oTait jamais aimé que mui... LABOBDERIB. Je De peux pas dire précisëmenl qu'elle m'ait aimé. Od poiwi« Tiolemmciit U porte, LaborderiD tomba d«u •• chaire et n Tene le chaiee. CbaDptallon «il repontsj de efui ai toiuba mr Ee pFam an millenda ]e*ctna. CBAKPVALLON. Sapristi, qu'elle est forte ! Les HSmbs, LE GARÇON DE BUREAU, La Fakills AUËBICAinE. LE garçon, eareleTaiit. Qu'est-ce que ça veut dire? LABOBDERIE. Mon garton de bureau... LE GARÇON. Voilà qae vous empêchez le monde d'eulrer maiuleuant... I.ABORDEBIE. Eh bienl et elle, la marchande de gants T.. . GaAHPTALLON. La fleuriste. t QumpreJton ncdODt^ LE GARÇON. Quelle fleuriste î quelle marchande de gantsî Dgitiz^dbv Google SCÈNE DOUZIÈME 29 LABORDERIB. Elle n'était pas là... elle ne poussait pas avec voas?... LB GAnçOIf. Kon„ CBAUPVALLON, k lu porte. Elle continue à se promener devant la grille... Elle nous attend... elle nous guette... LABORDERIB. Commeat faire? CHAHPTALLOH, TcdeRandut. Je ne sais pas. LABORDBRIE, aa gutoa d« bnrui . Mon ami, il n'y a que vous qui puissiez nous tirer delà... Vous allez aller trouver cette dame... LB GARÇON. Quelle dame? LABORDBRIB. Vous la reconnaîtrez facilement... Elle a des cheveux rouges. CHAHPTALLOK. Venez, du reste... je vais vous la montrer... (u moDt» «ip 1m gradlni «l estnloe le girqoa it» lui. Libordurli bilgUnt, euiiuft1t,iiiDiitS'lôRièM Chunpnllin at la gar^oa.) Tenez, là, VOUS la TOfCZ... LK GARÇON. Je crois bien que je la vob. . . CHAUPTAI-LOn. Vous allez aller la trouver... LK GARÇON, radMcendut rlTemact. Je crob bien que j'y vais. . . LABORDERIB, ndawMgdut d* pba M plu aiKutnâ A 1; «:ilo da girtOB. Mais attendez donc.» tB GARÇON. Dgitiz^dbv Google 30 LE PASSAGE DE VENUS LiBORDERIK. Uais VOUS ne sa:vez pas ce qu'il faat lui dire. LE GARÇON. Je le sais très-bien, au contraire ; jo vous assure que je le sais parfaitement. Il «ni. LIRORDERIE, lemoptonl Il va faire quelque bâtise, c'est inévitable ! il ra faire quel- que bêtise 1... CHiHFV ALLOK, rogimlut pir U Statln. Il s'approche d'elle, il lui parle... Ah! mon Dieu! LABORDERIE, portint 1s mahi à •■ jsns. Je sais ce que c'est... CHAUPÏALLOK. Elle porte la main k sa joue comme si elle venait d'y éprouver une commotion violente... LADORDERIE. pas elle... lui? CHAMPVALLOtf. Si fait, c'est elle... Elle remonte dans sa voiture... la voi- ture s'éloigne au grand galop . . . Elle part, elle est partie. . . Entr* 1» g.i^!Oii. LE GARÇON Et elle ne reviendra pas, je vous en réponds. Comment, mais cette fleuriste, cette marchande de gants, c'était donc... LE GARÇON. C'était ma femme, CHAMPVALLON et LABORDEBIB, deneoduil l« muefau. Sa femme 1 (Lui iman ik mma.) Ah ! mon ami ! Dgitiz^dbv Google ■ SCÈNE DOUZIÈME 31 LE GARÇON. le VOUS remercie, mais qu'est-ce que tous voulez ? ces choses-là peuvent arriver à tout le monde. CBAHFVALLON. Le chemiu est libre maialeDant. . . Je cours chez ma fian- cée... Voulei-Tous que je vous préseate ? LABORDERIE. Est-elle jolie, votre fiancée? CHAUPVALLOX. Je crois bien qu'elle est jolie. LABORDERIE. AllonS'y alors. LB GARÇON, ^ <n monU du> U Ehùri ponr tinger lu psp'ie», déilgii^ Hais, monsieur, voilà des Élèves. LABORDERIE, prinuitHii rhapean. Ahl j'ai bien la tête... Faites le cours à ma place. 0ht Vénus! Vénus!... Allons voir tolre fiancée... Dgitiz^dbv Google Dgitiz^dbv Google Dgitiz^dbv Google DEEINIÈKES PIÈGES PA&IISS 1. DMIIUIZIO La Tille morU, trag. 5 a. 2 > J. BJIIBIEI Biandlna 'l > J. lAIBIEIet P. CHOOOEIS IiOveUce 1 > BAIIIËRE et lUIBEI La Vie de Bahâme. ... 1 50 ERIEST BLUI at UOUL TOCHË Madame Hongodin, comé- die en 3 actes 2 > «LFREB BOBSEBSENT HatgrË tonl, pièce en I a. 1 > EDIOBD GOTTIIET Vercingitoriz, drame, 5 a. 2 ■ P. DfROULËDE La plaa belle fille du mende. 1 d «LEXklDIE DUIAS.FILS L'Ami des femmes, comé- die en 5 actes 2 > La Primceata de Bagdad, comédie en 3 actes. . . 2 > AUGUSTE SËIËIÉS Frédâriiiae, piËce en 4 a. 2 • HEIRI LAVEDAB BEOIBES LECOITE Hlragei, drame en 5 actes. 2 > JULES LEIAITBE L'aînée, comédie S > LE SA8E Arlequin colonel, opént- comiqDe en i actes . . . 2 > PAUL ■AHAIIB Valmy, drame hisl.ôactes. 2 ■ HEBRT lEILHAD D«cor« S • H. lEIlHAC etL. OAIDEIAK Pepa, comédie en 3 actes. 2 > H. lEILHAD et PHIUPPE BILLE Ha camarade, pièce, 5 a. 2 • PAULIEUIICE Stnienaâe, drame .... t • P. KURIGE et k. HACflUERIE Autigone i > EDOUARD PAILLEROH Cabotins! comédie, iactea. 2 ■ ADRIEH VELT Une lecture, comédie. . . I •